23 juillet 2026
L'Indonésie est l'une des régions du monde les plus exposées aux catastrophes naturelles. Comprenant plus de 17 000 îles et située le long de la « Ceinture de feu » du Pacifique, une zone particulièrement instable, elle subit régulièrement des inondations, des glissements de terrain, des tremblements de terre et une activité volcanique.
Pour les assureurs, les courtiers et les entreprises, ces catastrophes naturelles engendrent bien plus que des pertes financières : elles complexifient considérablement leurs opérations. Des communautés entières peuvent se retrouver isolées, des infrastructures critiques compromises et des documents commerciaux essentiels détruits. Dans ces situations, une gestion efficace des réclamations devient cruciale pour le rétablissement.
S'appuyant sur des événements récents survenus en Indonésie dans le cadre de la CAT (Conventions contre la torture), voici quelques leçons pratiques sur la manière de gérer les réclamations dans des environnements complexes et sous haute pression — et pourquoi les compétences techniques seules ne suffisent pas.
Complexité sur le terrain
Les demandes d'indemnisation liées aux catastrophes naturelles commencent bien avant toute évaluation formelle. Le premier obstacle est souvent tout simplement l'accès au site. Les routes inondées, les ponts endommagés et le terrain instable peuvent limiter l'accès, retardant les inspections et augmentant les risques pour les personnes travaillant sur place.
Même une fois l'accès au site sécurisé, les experts se heurtent à un obstacle majeur : la tension palpable entre le besoin urgent des entreprises de reprendre leurs activités et l'exigence stricte des assureurs en matière de préservation des preuves. Dans leur empressement à rétablir le fonctionnement du site, les entreprises entreprennent souvent des nettoyages et des réparations hâtives. Ces actions prématurées entraînent fréquemment la disparition de documents, le démontage de machines et un nombre limité de preuves photographiques, ce qui compromet considérablement l'évaluation des pertes.
Distinguer les dommages récents des dommages préexistants complexifie davantage la situation. Lors d'inondations, tout peut être submergé, rendant difficile l'identification des causes de la catastrophe et de celles qui se sont développées progressivement. Une évaluation précise repose sur la détection de schémas récurrents – tels que des lignes d'eau régulières ou une répartition uniforme des débris – et sur l'application d'une expertise technique adaptée au contexte.
Dans le même temps, les experts en sinistres doivent gérer un volume croissant de dossiers avec des ressources limitées, tout en conciliant les attentes de multiples parties prenantes. Les assurés pourraient avoir besoin d'un soutien financier immédiat pour survivre. Les courtiers peuvent insister pour que les procédures soient rapides. Les assureurs exigent souvent des estimations préliminaires des coûts, parfois avant même que les évaluations complètes soient possibles.
Ces pressions sont exacerbées par la hausse des coûts des entreprises de travaux publics, les contraintes d'approvisionnement et les conséquences physiques et psychologiques du travail en milieu sinistré. Dans ce contexte, une communication claire et une prise de décision pragmatique deviennent essentielles, non seulement pour gérer efficacement les sinistres, mais aussi pour préserver la confiance entre toutes les parties prenantes.
Prioriser ce qui compte
Lors de catastrophes majeures, il est essentiel de ne pas traiter toutes les demandes d'indemnisation de la même manière. Une des stratégies les plus efficaces consiste à segmenter les demandes en fonction de leur complexité et de leur gravité.
Les réclamations traitées en procédure accélérée concernent généralement des montants inférieurs, avec une cause clairement identifiée et des dommages simples. Il peut s'agir de pertes matérielles mineures, de dommages au stock ou d'infiltrations d'eau limitées. En rationalisant la documentation, en simplifiant les déclarations et en formulant rapidement des recommandations concernant les provisions, ces sinistres peuvent être réglés rapidement, ce qui apporte un soulagement bienvenu aux assurés.
Les dossiers complexes nécessitent une approche plus détaillée et progressive. Ils concernent notamment les sinistres industriels importants, les pertes d'exploitation complexes et les cas impliquant des dommages structurels ou matériels significatifs. Dans ces situations, les experts doivent effectuer des évaluations techniques, faire appel à des ingénieurs et effectuer une analyse financière approfondie afin de parvenir à une indemnisation équitable.
La capacité d'adapter les ressources en conséquence est essentielle. Le traitement rapide des dossiers les plus simples libère du temps et des compétences pour se concentrer sur les cas complexes, où une enquête plus approfondie peut avoir une incidence significative sur l'issue du dossier.
En fin de compte, une segmentation efficace va au-delà de l'efficacité ; il s'agit de s'assurer que chaque demande reçoit le niveau d'attention qu'elle mérite réellement.
Du chaos à la clarté
La complexité des demandes d'indemnisation en cas de catastrophe se comprend mieux à travers des exemples concrets.
Dans un dossier récent, un petit garage automobile a été inondé, détruisant à la fois les biens de l'entreprise et la maison des propriétaires. La plupart des documents matériels ayant disparu, l'assuré a rencontré d'importantes difficultés pour constituer son dossier. Plutôt que de se fier uniquement aux documents officiels, nos experts ont collaboré avec l'assuré pour reconstituer le sinistre à partir d'observations sur place, des stocks restants et des registres des fournisseurs, afin d'établir un tableau précis de la situation. Cette approche a démontré l'importance de la flexibilité et de l'empathie. Accompagner l'assuré dans la reprise de ses activités était tout aussi essentiel que de valider le sinistre lui-même.
Dans un autre cas concernant un entrepôt de produits alimentaires, les premières hypothèses laissaient présager une perte totale due à une contamination. Cependant, grâce à des analyses et à une collaboration avec les autorités, une partie du stock a été jugée propre à la revente. En segmentant les marchandises contaminées et non contaminées et en favorisant une communication ouverte entre toutes les parties, le litige a été résolu efficacement tout en préservant la valeur commerciale des produits.
Un troisième cas concernait une usine de fabrication où des dommages causés par l'eau ont entraîné une perte importante concernant les machines. Les premières estimations préconisaient un remplacement complet, mais une analyse technique plus approfondie a mis en évidence des possibilités de nettoyage, de réparation et de remise en service partielle. Grâce à la collaboration avec des ingénieurs et à des négociations soutenues, le règlement final a été considérablement réduit tout en assurant la sécurité et la reprise des activités.
Dans tous ces scénarios, un thème demeure constant : les meilleurs résultats sont obtenus grâce à une réflexion pratique, à la collaboration et à la volonté de remettre en question les idées reçues.
Là où l'expertise rencontre l'empathie
Les demandes d'indemnisation à la suite d'une catastrophe sont rarement simples. Elles se déroulent dans des contextes marqués par l'incertitude, l'urgence et l'impact humain.
Si l'expertise technique est essentielle, elle ne suffit pas à elle seule. Une gestion efficace des réclamations exige un jugement sûr, une bonne communication et la capacité de prendre des décisions éclairées dans un contexte en constante évolution.
Chez Sedgwick, notre approche repose sur la précision et l'empathie. Nous savons que derrière chaque sinistre se cachent des personnes confrontées à des perturbations et des entreprises qui s'efforcent de se redresser. En combinant rigueur technique, solutions pratiques et soutien humain, nous aidons nos clients et les communautés à aller de l'avant après un événement imprévu.
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