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Par Mark Buckingham, consultant international en rappel de produits

La Commission européenne a publié de nouveaux documents d’orientation pour simplifier la mise en œuvre du Règlement européen sur la déforestation (EUDR), qui entrera en vigueur à la fin de 2025. Cela fait suite à la décision des autorités européennes à la fin de 2024 de reporter la mise en œuvre d’un an afin de donner plus de temps aux parties prenantes mondiales pour se préparer.

Le Règlement européen sur la déforestation fixe des limites obligatoires pour toutes les entreprises qui vendent, produisent, échangent ou exportent des produits contenant de l’huile de palme, du bœuf, du bois, du café, du cacao et du soja provenant du marché européen. Ces règles de diligence raisonnable s’appliquent également à plusieurs produits dérivés. Après deux ans, les autorités de l’UE prévoient de revoir le règlement afin de déterminer si davantage de produits doivent être inscrits sur la liste.

Selon la réglementation, les détaillants devront également retracer les produits qu’ils vendent jusqu’à la parcelle de terre où ils ont été produits. Les règles visent à réduire le fardeau administratif pour les détaillants et les administrateurs, mais les parties prenantes internationales ont rapidement exprimé des inquiétudes quant au fait que la règle serait lourde et coûteuse à mettre en œuvre.

Détails des nouveaux documents

En plus des directives mises à jour, la Commission a également publié des questions fréquemment posées (FAQ). Les deux documents visent à fournir aux entreprises, aux autorités nationales des États membres de l’UE et aux pays partenaires des mesures simplifiées pour démontrer que leurs produits sont exempts de déforestation. La Commission a intégré des contributions importantes des parties prenantes et affirme que ces documents « garantiront une mise en œuvre harmonisée de la loi à travers l’UE ».

La Commission identifie plusieurs étapes clés dans les nouveaux documents d’orientation, dont plusieurs qui allègent spécifiquement le fardeau des déclarations de diligence raisonnable : 

  • Les grandes entreprises seront autorisées à réutiliser les déclarations de diligence raisonnable existantes lorsque des biens qui étaient auparavant sur le marché européen seront réimportés. La Commission note que cela signifie que moins d’informations doivent être soumises dans le système informatique.
  • Les entreprises peuvent soumettre des déclarations de diligence raisonnable annuellement plutôt que pour chaque expédition ou lot de produits mis sur le marché de l’UE.
  • Plusieurs traders et exploitants peuvent nommer le même représentant autorisé, qui peut désormais soumettre des déclarations de diligence raisonnable au nom des membres de groupes d’entreprises.
  • Les opérateurs et traders en aval peuvent maintenant consulter les déclarations de diligence raisonnable de leurs fournisseurs en amont, à condition qu’ils aient vérifié que la diligence raisonnable a été effectuée. Selon la Commission, cela comporte une obligation légale minimale pour les entreprises en aval de collecter les numéros de référence des Déclarations de diligence raisonnable (DDS) auprès de leurs fournisseurs et d’utiliser ces références pour leur propre DDS.

Au-delà des documents d’orientation, la Commission a également publié une loi déléguée traitant de l’annexe I le 15 avril 2025 pour consultation publique. La loi prévoit des clarifications supplémentaires et des simplifications sur la portée de l’EUDR et répond aux demandes des parties prenantes pour des orientations sur des catégories spécifiques de produits. La Commission espère qu’elle « évitera des coûts administratifs inutiles pour les opérateurs économiques et les autorités ».

Enfin, la Commission a confirmé qu’elle finalise le nouveau système d’étalonnage selon lequel les pays tiers et les États membres de l’UE se voient attribuer un niveau de risque faible, standard ou élevé lié à la déforestation. La Commission prévoit d’adopter une loi de mise en œuvre du système au plus tard le 30 juin 2025.

En regardant vers l’avenir

Les entreprises devraient examiner de près les nouveaux documents d’orientation et la FAQ et participer au processus des parties prenantes pour fournir des commentaires sur la Loi déléguée. Bien que la mise en œuvre ait été retardée jusqu’au 30 décembre 2025 pour les grands opérateurs et commerçants et au 30 juin 2026 pour les micro- et petites entreprises, les entreprises devraient poursuivre leurs efforts pour mettre en œuvre les dispositions de l’EUDR. 

De plus, les entreprises devraient profiter du temps supplémentaire avant l’entrée en vigueur de l’EUDR pour s’assurer qu’elles respectent pleinement les autres mesures du règlement. Il serait également judicieux d’auditer les chaînes d’approvisionnement pour s’assurer que tous les aspects du cycle de vie de leurs produits respectent les nouvelles règles.

Les actions de la Commission avec l’EUDR font partie des nombreuses tentatives de rationaliser et de simplifier les mesures de conformité dans le cadre de la volonté de l’UE d’être plus compétitive. Elle a également récemment assoupli les obligations de déclaration en vertu de la directive sur la durabilité des entreprises et modifié la taxonomie de l’UE ainsi que le Mécanisme d’ajustement des frontières carbone (CBAM). Les entreprises devraient surveiller de près tout changement supplémentaire qui réduirait leur fardeau réglementaire.

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