9 juin 2025
La Commission européenne a publiéde nouveaux documents d'orientationvisant à simplifier la mise en œuvre durèglement européen sur la déforestation(EUDR), qui entrera en vigueur à la fin de l'année 2025. Cette décision fait suite à l'accord conclu fin 2024 par les autorités européennes de reporter d'un an la mise en œuvre du règlement afin de donner aux parties prenantes mondiales davantage de temps pour se préparer.
Le règlement européen sur la déforestation fixe des limites obligatoires pour toutes les entreprises qui vendent, produisent, commercialisent ou exportent des produits contenant de l'huile de palme, du bœuf, du bois, du café, du cacao et du soja provenant du marché européen. Ces règles de diligence raisonnable s'appliquent également à plusieurs produits dérivés. Après deux ans, les autorités européennes prévoient de réviser le règlement afin de déterminer si d'autres produits doivent être ajoutés à la liste.
En vertu de ce règlement, les détaillants seront également tenus de retracer les produits qu'ils vendent jusqu'à la parcelle de terre où ils ont été produits. Les règles visent à réduire la charge administrative pour les détaillants et les administrateurs, mais les parties prenantes internationales ont rapidement fait part deleurs inquiétudesquant au fait que cette règle serait lourde et coûteuse à mettre en œuvre.
Détails des nouveaux documents
Outreles lignes directrices actualisées, la Commission a également publiéune foire aux questions(FAQ). Ces deux documents ont pour objectif de fournir aux entreprises, aux autorités nationales des États membres de l'UE et aux pays partenaires des mesures simplifiées leur permettant de démontrer que leurs produits ne contribuent pas à la déforestation. La Commission a intégré les contributions importantes des parties prenantes et affirme que ces documents « garantiront une mise en œuvre harmonisée de la législation dans toute l'UE ».
La Commissionidentifieplusieurs étapes clés dans les nouveaux documents d'orientation, dont plusieurs qui allègent spécifiquement le fardeau des déclarations de diligence raisonnable :
- Les grandes entreprises seront autorisées à réutiliser les déclarations de diligence raisonnable existantes lorsque des marchandises qui étaient auparavant sur le marché de l'UE sont réimportées. La Commission note que cela signifie que moins d'informations devront être soumises dans le système informatique.
- Les entreprises peuvent soumettre des déclarations de diligence raisonnable chaque année plutôt que pour chaque expédition ou lot de produits mis sur le marché de l'UE.
- Plusieurs négociants et opérateurs peuvent désigner le même représentant autorisé, qui peut désormais soumettre des déclarations de diligence raisonnable au nom des membres de groupes de sociétés.
- Les opérateurs et négociants en aval peuvent désormais se référer aux déclarations de diligence raisonnable de leurs fournisseurs en amont, à condition qu'ils aient vérifié que la diligence raisonnable a bien été exercée. Selon la Commission, cela implique une obligation légale minimale pour les entreprises en aval de collecter les numéros de référence des déclarations de diligence raisonnable (DDS) auprès de leurs fournisseurs et d'utiliser ces références pour leurs propres DDS.
Au-delà des documents d'orientation, la Commission a également publié unacte déléguéconcernant l'annexe I le 15 avril 2025 pour consultation publique. Cet acte apporte des précisions supplémentaires et simplifie le champ d'application du règlement EUDR, tout en répondant aux demandes des parties prenantes qui souhaitaient obtenir des orientations sur certaines catégories de produits spécifiques. La Commission espère ainsi « éviter des coûts administratifs inutiles pour les opérateurs économiques et les autorités ».
Enfin, la Commission a confirmé qu'elle était en train de finaliser le nouveau système d'analyse comparative dans le cadre duquel les pays tiers et les États membres de l'UE se voient attribuer un niveau de risque faible, standard ou élevé en matière de déforestation. La Commission prévoit d'adopter un acte d'exécution pour ce système au plus tard le 30 juin 2025.
Perspectives d'avenir
Les entreprises doivent examiner attentivement les nouveaux documents d'orientation et les FAQ, et participer au processus de consultation des parties prenantes afin de donner leur avis sur l'acte délégué. Bien que la mise en œuvre ait été reportée au 30 décembre 2025 pour les grands opérateurs et négociants et au 30 juin 2026 pour les micro et petites entreprises, les entreprises doivent poursuivre leurs efforts pour mettre en œuvre les dispositions du règlement EUDR.
De plus, les entreprises devraient profiter du délai supplémentaire avant l'entrée en vigueur du règlement EUDR pour s'assurer qu'elles respectent pleinement les autres mesures prévues par celui-ci. Il serait également prudent de contrôler les chaînes d'approvisionnement afin de s'assurer que tous les aspects du cycle de vie de leurs produits sont conformes aux nouvelles règles.
Les mesures prises par la Commission dans le cadre de l'EUDR font partie des nombreuses initiatives visant à rationaliser et à simplifier les mesures de conformité dans le cadre des efforts déployés par l'UE pour renforcer sa compétitivité. Elle a également récemment assoupli les obligations de déclaration prévues par ladirective sur le reporting extra-financieret modifié lataxonomie de l'UE et lemécanisme d'ajustement carbone aux frontières(CBAM). Les entreprises doivent suivre de près les changements susceptibles de réduire leur charge réglementaire.
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