Par les auteurs invités : William Troutman, Kate Findlay et Hernan Gonzalez

Avant-propos de Jeremy Schutz, directeur du développement commercial chez Sedgwick :

Bienvenue dans la dernière édition de Spotlight. Spotlight est notre façon de partager les idées et les points de vue de nos partenaires stratégiques – avocats, assureurs, gestionnaires de risques et experts en communication de crise de tous les secteurs – sur des questions susceptibles d'influencer la vision d'une entreprise sur les incidents survenant sur le marché et la gestion de crise. Dans cette édition, nous sommes rejoints par William Troutman (Los Angeles), Kate Findlay (Toronto) et Hernan Gonzalez (Mexico), associés chez Norton Rose Fulbright, pour un aperçu de la conformité transfrontalière en matière de rappels de produits de consommation en Amérique du Nord.

Poursuivez votre lecture pour découvrir les réflexions de William, Kate et Hernan chez Norton Rose Fulbright :

La conformité en matière de sécurité des produits dépasse les frontières nord-américaines. La Commission américaine de sécurité des produits de consommation (CPSC), Santé Canada et la Procuraduría Federal del Consumidor (PROFECO) du Mexique ont considérablement renforcé leur coopération au cours de la dernière décennie et communiquent désormais régulièrement afin de protéger les consommateurs dans un contexte de croissance explosive du commerce électronique et d'internationalisation croissante des marques.

Aux États-Unis, la loi fédérale régissant la sécurité des produits de consommation est la Consumer Product Safety Act (CPSA), telle que modifiée par la Consumer Product Safety Improvement Act de 2008. En vertu de la CPSA, la CPSC publie des normes de sécurité pour les produits de consommation et veille au respect des exigences en matière d'essais et de certification des produits.

Au Canada, la loi fédérale régissant les produits de consommation est la Loi canadienne sur la sécurité des produits de consommation (LCSPC). La surveillance et l'application de la LCSPC relèvent du Programme de sécurité des produits de consommation de Santé Canada. Au niveau provincial, il existe un niveau supplémentaire de législation en matière de protection des consommateurs et de vente de biens, qui porte sur la sécurité des produits en exigeant qu'ils soient adaptés à l'usage auquel ils sont destinés et qu'ils présentent une qualité marchande.

Au Mexique, la PROFECO fonctionne comme une agence décentralisée de services sociaux relevant du ministère fédéral de l'Économie. Elle a pour mission officielle de promouvoir et de protéger les droits et les intérêts des consommateurs et de garantir l'égalité et la sécurité juridique dans les relations entre les fournisseurs et les consommateurs. Le procureur fédéral chargé de la protection des consommateurs est nommé par le président et exerce généralement un mandat de six ans.

La CPSC, Santé Canada et la PROFECO échangent des informations entre elles, mais la nature et la fréquence de ces échanges sont largement inconnues. Cela dit, nous croyons comprendre qu'elles collaborent en matière de normes et de réglementations relatives à la sécurité des produits de consommation. Néanmoins, bien que ces trois organismes aient des lois, des réglementations et des normes similaires, leurs critères et leurs exigences en matière d'évaluation de la sécurité des produits et de rappel sont différents.

Si un problème lié à un produit dans un pays a des répercussions dans tous les autres pays, cela ne signifie pas pour autant que les procédures de conformité, d'application, de remédiation ou de rappel sont uniformes, et la coordination d'une approche transfrontalière peut nécessiter une réflexion géométrique. Les entreprises multinationales et celles qui disposent de chaînes d'approvisionnement mondiales ont besoin d'une stratégie multijuridictionnelle pour gérer les différences entre les pays, qu'il s'agisse de se conformer aux normes de sécurité des produits ou de trouver des solutions de remédiation efficaces. Une représentation juridique compétente est essentielle pour mener à bien ce processus.

Chaque organisme de réglementation en Amérique du Nord attend des marques mondiales qu'elles comprennent et respectent ses réglementations respectives. Le climat politique aura également une incidence sur l'application de la loi. Aux États-Unis, par exemple, lorsque le président est démocrate, la CPSC est susceptible de jouer un rôle plus actif dans l'application de la loi et les poursuites judiciaires. Lorsque le président est républicain, la CPSC peut se montrer plus collaborative avant de recourir à des mesures punitives.

La communication d'informations sur la sécurité des produits de consommation peut être la partie la plus difficile du processus de rappel. Les exigences varient d'un pays à l'autre, mais le fait d'alerter un organisme de réglementation peut amener les deux autres à poser des questions. Aux États-Unis, il existe des déclencheurs objectifs et subjectifs : le non-respect d'une norme de sécurité ou la réception d'informations suggérant qu'un produit peut entraîner des blessures graves ou la mort, même s'il est conforme aux normes. Au Canada, tout accident ou « quasi-accident » signalé peut déclencher une obligation de notification. Au Mexique, il existe également des critères subjectifs : toute information suggérant qu'un produit peut avoir une incidence sur la vie, la santé, la sécurité ou l'économie d'une personne.

La gestion des différences entre ces déclencheurs peut s'avérer problématique, car ils reposent souvent sur les commentaires des consommateurs. De plus, les organismes de réglementation attendent des entreprises qu'elles surveillent et analysent toutes sortes de données sur les produits, qu'il s'agisse des avis publiés sur les sites Web, des taux de retour, des plaintes adressées au service à la clientèle ou des réclamations. Par conséquent, une entreprise peut se retrouver dans une situation où elle est tenue de signaler un accident à Santé Canada, mais où elle n'est pas nécessairement tenue de le signaler à la CPSC ou à la PROFECO, même si cela peut être recommandé.

La logistique des rappels peut également constituer un défi, car les agences évoluent à des rythmes différents et ont des exigences différentes en matière de communication, de recours et de logistique inverse. Il est important que votre entreprise se tienne informée des exigences réglementaires dans les trois pays et intègre toutes les nouvelles réglementations dans son évaluation de la gestion des risques. Il ne fait aucun doute qu'une stratégie multi-juridictionnelle est nécessaire pour vous assurer de prendre en compte tous les facteurs et de rester en règle dans toute l'Amérique du Nord.

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À propos de nos auteurs invités: M. Troutman, Mme Findlay et M. Gonzalez travaillent ensemble sur des questions transfrontalières liées à la conformité des produits de consommation, allant du rappel de produits à l'emballage et à l'étiquetage.