10 décembre 2025
Uneétude récentedu Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne a révélé des cas de fraude et des problèmes potentiels de sécurité alimentaire liés à la cannelle vendue sur le marché européen. Cette étude fait suite aux problèmes importants rencontrés par les États-Unis ces dernières années avec de la cannelle contaminée.
L'étude du CCR s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Commission pour lutter contre la fraude dans le secteur alimentaire. Le taux de croissance annuel composé mondial pour la cannelle est estimé entre 6,4 % et 12,4 %. La demande devrait continuer à croître dans les années à venir et les prix de la cannelle ont déjà augmenté. Il existe une différence de prix significative entre les deux variétés de cannelle les plus courantes, la cannelle de Ceylan, qui est la plus chère et la plus raffinée, et la cannelle de Cassia, qui a un goût plus prononcé mais est de moindre qualité.
Actuellement, la cannelle commercialisée dans l'UE doit respecter plusieurs réglementations. Celles-ci comprennentles principes généraux et les exigences de la législation alimentaire, les procédures de sécurité alimentaire, les règlesrelativesà l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires et les normes relatives auxteneurs maximales de certains contaminants dans les denrées alimentaires,les additifs alimentaires etles arômes.
Les acteurs malveillants sont incités à falsifier ou à enrichir l'une ou l'autre variété de cannelle avec des additifs afin d'augmenter leurs profits. Cela peut inclure le remplacement partiel ou total de la cannelle de Ceylan par de la cannelle de Cassia, la falsification de l'une ou l'autre variété avec une plante complètement différente, ou l'utilisation de racines, de feuilles, de fleurs ou de graines de cannelle à la place de l'écorce.
Comme nous l'avons vu aux États-Unis, les produits à base de cannelle sont également susceptibles d'être contaminés par du plomb ou d'autres substances afin d'augmenter leur poids, et donc leur coût.
Les chercheurs du CCR ont utilisé quatre méthodes de dépistage développées en interne pour détecter et identifier d'éventuelles pratiques frauduleuses dans un échantillon de 104 produits à base de cannelle disponibles dans le commerce, achetés auprès de détaillants dans 10 pays de l'UE, ainsi qu'en Serbie, au Sri Lanka et au Royaume-Uni. L'analyse visait à fournir un aperçu des défis et des problèmes actuels liés à la cannelle sur le marché européen afin d'éclairer les futurs efforts en matière de réglementation et de contrôle de la qualité.
Résultats de l'étude
Plus de 66 % des échantillonsanalysés par le CCRne répondaient pas aux normes de qualité internationales, n'étaient pas conformes à la législation européenne en matière de sécurité alimentaire et/ou étaient soupçonnés de fraude.
Plusieurs échantillons étaient contaminés par d'autres additifs. 9,6 % dépassaient les normes de la Commission relatives à la teneur maximale en plomb autorisée dans l'écorce de cannelle. La teneur en coumarine de 29,8 % des échantillons dépassait potentiellement la limite légale à des niveaux dangereux pour les enfants de moins de 10 ans. La coumarine est un composé aromatique naturel présent dans le cassia et d'autres plantes qui peut être toxique pour le foie à des concentrations élevées.
L'étude a également révélé que jusqu'à 9 % des échantillons étiquetés comme cannelle de Ceylan étaient totalement ou partiellement remplacés par de la cannelle de Cassia. D'autres types de fraude, tels que le remplacement de l'écorce de cannelle par d'autres parties du cannelier, ont été suspectés dans un pourcentage élevé d'échantillons. Ces deux substitutions, si elles sont délibérées, visent à réduire le coût de production de la cannelle et à obtenir des prix plus élevés lors de la vente du produit final.
Les auteurs du CCR n'ont formulé aucune recommandation politique pour lutter contre la fréquence élevée des pratiques frauduleuses, mais ils ont souligné la nécessité d'utiliser plusieurs techniques d'analyse pour identifier la fraude et traiter le problème de manière globale.
Le CCRnoteque ses conclusions pourraient « aider la communauté scientifique et les décideurs politiques à fixer des valeurs seuils pour les différents composants de la cannelle et à définir à partir de quand un échantillon doit être considéré comme suspect ». Cela améliorerait la surveillance de la cannelle et faciliterait l'application des réglementations par les autorités compétentes.
Perspectives d'avenir
La fraude et les préoccupations liées à la sécurité alimentaire concernant la cannelle constituent clairement un problème croissant dans l'Union européenne et aux États-Unis. Elles sont donc susceptibles de devenir une priorité réglementaire. Les producteurs alimentaires devraient procéder à un audit approfondi de leur chaîne d'approvisionnement et envisager de mener leur propre analyse de la cannelle pure ou de tout produit final contenant cette épice afin de s'assurer qu'ils ne font pas l'objet de fraude et qu'ils respectent les réglementations applicables en matière de pureté et de sécurité. Les entreprises doivent également s'attendre à un contrôle accru de la part des autorités réglementaires.
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