Par James Norman, directeur du développement commercial international

Une mesure infaillible de la manière dont un marché émerge et mûrit va au-delà des indicateurs traditionnels tels que la pénétration de l'assurance et la densité des primes.

Cela implique également l'adoption de normes telles quela gouvernance d'entrepriseet la gestion des risques. En Afrique, la gestion des risques joue un rôle important dans l'avenir du secteur des assurances.

De nouvelles opportunités, de nouveaux défis

La gestion des programmes de sinistres peut couvrir des risques complexes dans différentes régions, pays et catégories. Il peut s'agir de sinistres de grande valeur et de faible volume ou de faible valeur et de volume élevé, plusieurs parties prenantes travaillant ensemble pour gérer le processus. En outre, la structure des programmes varie souvent en Afrique en fonction de la taille de l'assuré, de la complexité des risques et des accords de réassurance. Le rôle du courtier et des intermédiaires devient essentiel pour placer le programme auprès du bon assureur et surveiller ses performances par rapport à des variables telles que les pertes subies, le montant, les recouvrements, les litiges et les fraudes.

Il ne suffit plus de simplement transférer le risque à l'assureur et de compter sur lui et ses partenaires pour gérer les programmes. La COVID-19 nous a appris à revoir la gestion des programmes, à redéfinir les meilleures pratiques, à développer des partenariats plus solides et à accélérer les innovations en matière de données et de technologies. Dans ce contexte incertain, examinons deux points sensibles qui auront probablement un impact sur la gestiondes programmes de gestion des sinistres en Afriqueen 2022 et au-delà :

Projets d'infrastructure

Une partie de l'histoire unique de l'Afrique réside dans les investissements importants réalisés par les sources traditionnelles et, de plus en plus, par la Chine. Les projets vont de l'autoroute transmaghrébine et de nouvelles voies ferrées à des centrales électriques au Nigeria, en passant par le terminal à conteneurs de Walvis Bay en Namibie et la centrale hydroélectrique de Caculo Cabaca en Angola.

Ces projets d'infrastructure transformeront sans aucun doute la vie quotidienne en améliorant la mobilité socio-économique. Le transfert des risques et l'assurance constituent un élément important de ces initiatives, car ils offrent une garantie et permettent d'obtenir des financements. De leur lancement à leur achèvement/après leur achèvement, et à mesure que le profil de risque évolue, ils nécessiteront une gestion solide des programmes de sinistres couvrant les pertes liées à l'indemnisation des accidents du travail, à la responsabilité civile et à la cybercriminalité. Pour être efficace, une collaboration étroite doit s'établir entre l'assuré, l'assureur, les courtiers, experts en sinistres, les avocats, etc. Cela permet de s'assurer que l'appétit pour le risque et la philosophie en matière de sinistres sont bien compris, que le niveau de surveillance, de reporting et de technologie est clair, que l'exposition est protégée et qu'un modèle opérationnel existe pour traiter les sinistres.

Impacts du changement climatique

Du renforcement des structures à celui de la résilience, leRapport sur les risques mondiaux2022du Forum économique mondialcite comme trois principaux risques l'échec de l'action climatique, les phénomènes météorologiques extrêmes et la perte de biodiversité. En ce qui concerne les conditions météorologiques, celles-ci constituent un facteur d'exposition au risque pour les assurances, l'Afrique continuant à subir des phénomènes météorologiques extrêmes. Le nord du Kenya et l'Éthiopie sont actuellement touchés par la sécheresse. Une seule catastrophe (sécheresse, inondation, tremblement de terre, incendie de forêt, tsunami ou cyclone) peut détruire des vies, anéantir des entreprises et entraîner des demandes d'indemnisation colossales qui, en l'absence de contrôle, peuvent facilement atteindre plusieurs milliards de dollars américains.

Les phénomènes météorologiques extrêmes sont de plus en plus fréquents, violents et imprévisibles, ce qui rend l'assurance indispensable. Par exemple, les assureurs et leurs partenaires doivent tenir leurs promesses après un sinistre en mettant en œuvre leurs compétences techniques, leur capacité à gérer les crises, leur réactivité et leur gestion des parties prenantes. Ils agissent ainsi afin de réduire le coût (assurance ou autre) d'un événement. Outre la maîtrise des coûts, ils doivent faire preuve de compétences relationnelles telles que l'empathie et la confiance. Cela nécessite de l'expérience et de l'expertise, notamment des connaissances technologiques sur les drones, les satellites, les solutions paramétriques et l'évaluation à distance des sinistres.

Action collective

Bien que les sinistres ne puissent jamais être entièrement automatisés ni complètement évités, l'Afrique s'est largement recentrée sur la prévention et l'atténuation des risques. Il est reconnu qu'il est nécessaire de promouvoir un secteur sain, résilient et durable, comme le montre la Déclaration de Nairobi de 2021 sur l'assurance durable, une déclaration d'engagement des dirigeants africains du secteur de l'assurance à poursuivre des objectifs de développement durable dans les domaines de la gestion des risques, de l'assurance, des investissements, des politiques et de la réglementation. Cette action collective et la promotion des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ainsi que des principes des Nations unies permettront de renforcer la gestion des sinistres en 2022 et au-delà.